Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les maires français ne touchent pas un salaire au sens strict du terme. Ils perçoivent une indemnité de fonction encadrée par le Code général des collectivités territoriales (CGCT). Ce montant varie significativement selon le nombre d'habitants de la commune. Surtout, il a évolué depuis l'entrée en vigueur, en janvier 2026, de la loi Gatel, votée le 22 décembre 2025. Cette réforme fait suite à une réalité alarmante : entre 2020 et 2025, 2189 maires ont démissionné, poussant le législateur à revaloriser les indemnités pour les petites communes.
Indemnités de fonction des maires : ce que prévoit la loi en 2026
L'article L2123-17 du CGCT pose un principe clair : les fonctions de maire sont, par nature, une fonction gratuite. L'indemnité de fonction ne constitue donc pas une rémunération contractuelle, mais une compensation des frais engendrés par l'exercice du mandat et la réduction des activités professionnelles personnelles.
Le calcul repose sur un pourcentage de l'indice brut terminal 1027 de la fonction publique, dont la valeur est fixée à 4110,52 euros bruts. Ce pourcentage varie de 25,5% à 145% selon la taille de la commune. Plus la ville est peuplée, plus le taux appliqué est élevé.
Le conseil municipal fixe le montant exact par délibération, dans la limite du plafond légal. Depuis le 31 mars 2015, le taux maximal s'applique automatiquement, sauf décision contraire. La loi Gatel renforce cette protection : dans les communes de moins de 1000 habitants, seul le maire peut désormais solliciter une réduction, par demande écrite explicite.

Tableau des montants des indemnités des maires en 2026 selon la taille de la commune
Voici les indemnités brutes mensuelles comparées entre le barème 2024 et les nouveaux plafonds issus de la revalorisation opérée par la loi Gatel pour les communes de moins de 20000 habitants :
| Taille de la commune | Indemnité brute 2024 | Revalorisation loi Gatel | Plafond 2026 |
|---|---|---|---|
| Moins de 500 habitants | 1048,18 € | +10% | 1155,06 € |
| 500 à 999 habitants | 1656,54 € | +10% | 1822,19 € |
| 1000 à 3499 habitants | 2121,03 € | +8% | 2290,71 € |
| 3500 à 9999 habitants | 2260,79 € | +6% | 2396,44 € |
| 10000 à 19999 habitants | 2671,84 € | +4% | 2778,71 € |
| 20000 à 49999 habitants | 3699,47 € | Aucune | 3699,47 € |
| 50000 à 99999 habitants | 4521,58 € | Aucune | 4521,58 € |
| 100000 habitants et plus | 5960,26 € | Aucune | 5960,26 € |
Ces chiffres révèlent une réalité concrète : 97% des communes françaises comptent moins de 10000 habitants, et la grande majorité des maires perçoivent moins de 2400 euros bruts mensuels. Pour comparaison, Anne Hidalgo, maire de Paris, touche 9719,77 euros, quand Anne Vignot, maire de Besançon, perçoit près de 6000 euros.
Des majorations peuvent s'appliquer selon le statut de la commune : +25% pour un chef-lieu de département, +20% pour un chef-lieu d'arrondissement, +15% pour les anciens chefs-lieux de cantons, et jusqu'à +50% pour les stations touristiques classées. Paris, Marseille et Lyon disposent de barèmes spécifiques.

Fiscalité, plafonds et questions pratiques sur la rémunération des maires
Cotisations sociales et fiscalité
Les indemnités de fonction des élus supportent plusieurs cotisations sociales obligatoires : CSG, CRDS, retraite de base et retraite complémentaire via l'IRCANTEC. Elles bénéficient d'une exonération partielle d'impôt sur le revenu, avec une fraction d'abattement fiscal portée à 1600 euros par mois depuis la loi Gatel.
Cumul de mandats et plafond légal
Le cumul d'indemnités liées à plusieurs mandats reste encadré. Le total ne peut dépasser 8897,93 euros nets par mois. Tout excédent fait l'objet d'un écrêtement et doit être reversé au budget de la collectivité concernée. Certains maires vont plus loin : ils renoncent volontairement à tout ou partie de leur indemnité, décision non irrévocable selon le CGCT.
Pour la régularité du versement des indemnités, des délais peuvent survenir selon le calendrier de délibération du conseil municipal.
Le FONPEL, Fonds de pension des élus locaux créé en 1992, offre aux maires et adjoints un dispositif facultatif de retraite complémentaire par capitalisation, avec abondement possible de la commune. Selon une étude menée par le politologue Martial Foucault avec l'Association des maires de France en 2023, 48% des maires jugeaient leur rémunération insuffisante au regard de l'engagement réel que représente ce mandat.
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André est un ancien comptable à la retraite, doté d'une solide expérience en gestion financière et fiscalité. Il met aujourd'hui son expertise au service des lecteurs pour rendre la comptabilité accessible.
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