Le salaire d'un maire en France n'existe pas, à proprement parler. Ce que perçoit un maire, c'est une indemnité de fonction, encadrée par le Code général des collectivités territoriales (CGCT), et non un salaire au sens du Code du travail. Son montant dépend directement de la taille de la commune. La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025, dite loi Gatel, a récemment revalorisé ce régime indemnitaire, notamment pour les élus locaux des petites communes. Nous vous détaillons ici les montants, le cadre légal, la fiscalité applicable et les règles de cumul.
Indemnités de fonction des maires : un barème légal selon la taille de la commune
Le barème légal des indemnités des maires repose sur un pourcentage de l'indice brut 1027 (IB 1027), défini par les articles du CGCT, spécialement les articles L2123-20 à L2123-24-1. Ce mécanisme certifie une rémunération proportionnelle aux responsabilités réelles de l'élu.
Au 1er janvier 2024, les montants bruts mensuels maximaux selon la population sont les suivants :
| Population de la commune | Montant brut mensuel maximal | Indemnité annuelle maximale |
|---|---|---|
| Moins de 500 habitants | 1 048,18 € | 12 578,16 € |
| 500 à 999 habitants | 1 656,54 € | 19 878,48 € |
| 1 000 à 3 499 habitants | 2 121,03 € | 25 452,36 € |
| 3 500 à 9 999 habitants | 2 260,79 € | 27 129,48 € |
| 10 000 à 19 999 habitants | 2 671,84 € | 32 062,08 € |
| 20 000 à 49 999 habitants | 3 699,47 € | 44 393,64 € |
| 50 000 à 99 999 habitants | 4 521,58 € | 54 258,96 € |
| 100 000 habitants et plus | 5 960,26 € | 71 523,12 € |
Dans les communes de moins de 1 000 habitants, le plafond maximal est garanti de plein droit. Seul le maire peut solliciter une réduction par demande écrite. Le conseil municipal ne peut plus voter une baisse de cette indemnité de sa propre initiative, une protection bienvenue contre les pressions budgétaires locales.
Des majorations restent possibles pour certaines communes : les chefs-lieux de département ou d'arrondissement, les communes touristiques thermales, et celles bénéficiaires de la dotation solidarité urbaine (DSU). Pour les communes de 100 000 habitants et plus, la majoration maximale atteint 40 % sous conditions spécifiques.
La loi Gatel : une revalorisation ciblée sur les communes rurales
La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025, portée par la sénatrice Françoise Gatel, a créé un franc statut de l'élu local et modifié les articles L2123-23 et L2123-24 du CGCT. Son dessein principal : soutenir les maires des petites communes, souvent bénévoles de fait, qui assument des responsabilités considérables pour des indemnités très modestes.
La revalorisation adoptée est progressive et dégressive selon la taille des communes :
- +10 % pour les communes de moins de 1 000 habitants
- +8 % pour les communes de 1 000 à 3 499 habitants
- +6 % pour les communes de 3 500 à 9 999 habitants
- +4 % pour les communes de 10 000 à 19 999 habitants
Au-delà de 20 000 habitants, les barèmes restent inchangés. Au 1er janvier 2026, les nouveaux montants bruts mensuels maximaux sont ainsi fixés à 1 155,06 euros pour les communes de moins de 500 habitants (soit 13 860,69 euros annuels), 1 820,96 euros pour les 500 à 999 habitants, 2 289,56 euros pour les 1 000 à 3 499 habitants, 2 396,44 euros pour les 3 500 à 9 999 habitants, et 2 778,71 euros pour les 10 000 à 19 999 habitants. À Marseille et Lyon, les maires d'arrondissement perçoivent 2 980,13 euros bruts mensuels, soit 35 761,56 euros annuels.
Cette réforme touche 98 % des communes françaises. Elle rend également obligatoire le remboursement des frais de garde d'enfants pour les élus des communes de moins de 10 000 habitants lors des réunions officielles, contre 3 500 habitants auparavant.

Fiscalité, charges sociales et cumul des indemnités de maire
Un régime fiscal spécifique
L'indemnité de fonction d'un maire ne constitue pas un salaire au sens du Code du travail. L'article 81 du Code général des impôts prévoit une exonération partielle d'impôt sur le revenu. Grâce à la loi Gatel, le FRFE (abattement fiscal) atteint désormais 1 600 euros par mois en 2026 pour un élu ne bénéficiant pas de frais de représentation.
Ces indemnités restent soumises aux cotisations sociales obligatoires : la Contribution sociale généralisée (CSG), la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), ainsi que les cotisations de retraite de base et complémentaire auprès de l'IRCANTEC. En cas d'retard de versement de l'indemnité, les règles restent distinctes de celles applicables aux salariés.
Cumul, incompatibilités et renonciation
Le cumul d'indemnités est autorisé dans la limite d'un plafond indemnitaire cumulé fixé à 8 897,93 euros par mois depuis le 1er janvier 2024. Un maire peut cumuler son indemnité avec un autre revenu, sauf incompatibilité statutaire liée à la fonction publique ou à une entreprise publique. Si le maire est fonctionnaire, une mise en disponibilité est possible, sans perception du traitement.
Les mandats électifs ne constituant pas une activité professionnelle, l'indemnité reste compatible avec des allocations chômage. Frankly, la possibilité de renonciation à l'indemnité, totale ou partielle, temporaire ou pour toute la durée du mandat, est une réalité juridique, même si elle demeure rare en pratique.

Adjoints, conseillers municipaux et autres élus locaux : que perçoivent-ils ?
Les indemnités des adjoints au maire
L'indemnité d'un adjoint au maire dépend d'une délégation de fonction formelle accordée par le maire. Sans cet arrêté, aucun versement n'est possible. Au 1er janvier 2024, les montants bruts mensuels maximaux vont de 406,94 euros dans les communes de moins de 500 habitants à 439,83 euros pour les 500 à 999 habitants, 813,88 euros pour les 1 000 à 3 499 habitants, 904,32 euros pour les 3 500 à 9 999 habitants, 1 130,39 euros pour les 10 000 à 19 999 habitants, 1 356,47 euros pour les 20 000 à 49 999 habitants, 1 808,63 euros pour les 50 000 à 99 999 habitants, et 2 712,95 euros pour les communes de 100 000 habitants et plus.
Conseillers, présidents de conseil et élus nationaux
Les conseillers municipaux des communes de plus de 100 000 habitants peuvent percevoir une indemnité plafonnée à 6 % de l'indice brut 1027. L'enveloppe indemnitaire globale encadre strictement ces attributions dans les autres communes.
Pour les présidents et vice-présidents de conseils départementaux et régionaux, l'indemnité atteint 5 960,26 euros bruts mensuels au 1er janvier 2024. À titre de comparaison, voici les rémunérations des principaux élus nationaux :
- Président de la République et Premier ministre : 16 039 euros bruts mensuels
- Ministres et ministres délégués : 10 692 euros bruts mensuels
- Députés et sénateurs : 7 637,39 euros bruts mensuels
Enfin, le FONPEL, créé en 1992, offre aux élus percevant une indemnité de fonction un dispositif facultatif de retraite complémentaire par capitalisation. La commune peut abonder à hauteur équivalente des cotisations volontaires de l'élu, dans la limite du plafond légal. Une option à ne pas négliger pour les maires qui exercent leur mandat à temps plein.
- Le FONPEL est abordable aux maires, adjoints et conseillers municipaux percevant une indemnité de fonction
- L'élu cotise volontairement, et la commune peut abonder à hauteur équivalente
- La rente est versée en fin de mandat, en complément des autres droits à la retraite
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